Rue Croulebarbe
Peu après la fin de la grande guerre
des élèves de l'Ecole des Beaux Arts
de Paris s'installent 33 rue Croulebarbe, dans une cour
bordée d'ateliers en bois.
Quelques uns de ces jeunes gens de l'époque me sont connus
et parmi eux aux dires de mon père, l'un des premiers
arrivé fut Georges Bouisset. Ce provincial talentueux
va pendant une trentaine d'années affiner son style, ses
sujets, sa palette et devenir le plus parisien des peintres de son
temps.
Commençant à être connu dans les
années 50 on lui doit entre autre, une série sur
les bistrots parisiens. Un
de ceux ci m'est tout particulièrement cher nommé
la "Croule", qu'il aurait peint à six exemplaires.
Ce site à vocation de vous faire découvrir le
groupe qui est
représenté sur "la Croule" par quelques uns des
membres que j'ai connu. S'il porte surtout sur Bouisset, Delaurier et
mon père, je sais les noms d'autres piliers du lieu,
vous les connaîtrez plus avant au fur et à mesure
que vous découvrirez le tableaux.
Si la Croule était un ensemble d'artistes vivant ou
travaillant dans quelques ateliers, je ne sais combien. Elle
était aussi un pôle dynamique qui attirait du monde,
voisins, curieux, ou passionnés y avaient leurs habitudes.
Rue Croulebarbe près des ateliers était le bistrot du père
Marminet, qui faisait office de salon, club, bar, cantine
à tout ce beau monde. C'est dans ce bistrot que Bouisset a
mis en situation "la Croule".
Si vous possedez un ou des documents, textes ou photos, sur la Croule
et desirez les voir figurer sur ce site, ils y seront les biens venus.
Contact:
D'après Lucien Brochon auteur du catalogue de l'oeuvre de Bouisset,
Georges aurait peint les 6 Croules comme suit:
Un 60x73 peint vers 1932 à Jean Delaurier, je ne
me souviens pas l'avoir vu, peut être la 1ere photo.
Un ?x? peint vers 1934 à Marc Vaux fondateur du
musée du Montparnasse la seconde photo.
Un 75x92 peint vers ? à Stany était encore chez
lui dans les années 90 avec 2 personnages
supplémentaires.
Un 75x92 peint vers ? á François Grimm.
Un 33x41 peint vers ? à Poilane"la Croule ou Galette des rois" variante.
Un 100x75 peint vers ? variante étude sur isorel, en couleur sur cette page.
Chaque tableau présente des variantes, dans les positions, le nombre de
participants, les roles, la couronne sur Else, Cardonne, Franckphilippe.
Malheureusement en 1954 Georges sera victime d'une terrible
hémiplégie et son travail s'arrêtera
définitivement. Son compagnon un Danois
nommé Georges également, accompagnera ses
dernieres années. En 65 après la mort de Bouisset
il rentrera définitivement dans son pays et fera don des
toiles dont il est l'héritier au musée de sa
ville, c'est ainsi que Copenhague possède la plus belle collection
de Bouisset.
Emmanuel Auricoste la "bête du Gevaudan" qui fut du lieux, me
semble cafouiller sur une page Web en parlant d'opium,
d'après ce que j'ai
entendu dire c'est Marcel frère de Georges,
médecin de la marine qui est resté en Asie pour
ne pas s'éloigner de l'opium, mais
Georges je ne crois pas qu'il ait été consommateur.
Parmi les membres du groupe figurant sur le tableau avec qui mon
père était très ami, il y avait Lucien Frankphilippe
qui n'a pas vécu assez vieux pour que je m'en souvienne. Mais sa veuve
Pepe sur le tableau, est une des femmes les plus spirituelle que j'ai
rencontré. Enfin Jackie de Riviere du Sud Ouest que j'ai un
peu connu et Billy Mathieu dont j'ai seulement
rencontré l'épouse qui ne figure pas sur le
tableau.
Egalement un couple dont j'ai connu le mari, Raimond de Cardonne qui
tenait Galerie rue des Beaux Arts, au nom d’Else Clausen feu
son épouse, autre Danoise.
Ce groupe d'ami a tenu ferme malgré les turpitudes politiques ou guerrières,
de leur génération. Les amis de mon père étaient depuis mes
lointains souvenirs Georges, Jean, Jacky qui est retourné dans sa cambrousse lorsque
j'étais encore enfant.
Parmi les gens qui n'étant pas de l'école avaient leurs habitudes,
il y avait Stany d'Escayrac Lauture, qui est le dernier des amis à avoir survécu. Mon
père né en 1903 est mort en 1996, les toutes dernières années de sa vie
il bougeait peu. Mais il est quand même venu chez nous et de la chez Stany, lequel
ayant sensiblement le même âge est mort peu après.
Enfin la personne qui m'est la plus chère, ma mère est également en bonne
place sur le tableau, c'est bien sûr la plus jolie femme du groupe.
Mon père "ce héros au regard si doux" Georges et
Jean dessinaient merveilleusement ce qui les a conduit à
tenter ensemble et séparément l'aventure du
dessin animé, aventure sans grands fruits ou presque. Vous
en entendrez de nouveau parler au fil de ce site.
Chez nous quand j'étais gosse la conversation tournait sur l'art. L'art avec
un grand A, l'art éternel, celui qui se moque des modes et des marchants. Avec l'age et
la mort de Georges, la 2 guerre mondiale a occupée une part importante de leurs souvenirs,
Jean Delaurier et mon père ayant été prisonniers avaient des anecdotes pour
le restant de leur vie. Jean était resté d'un camp à l'autre jusqu'en 1945.
Il racontait sa traversée de l'Allemagne à pieds, des heures d'histoires et un
exercice de mémoire toujours savoureux.
Jean, je n'ai qu'un dessin de lui et c'est bien dommage car il avait une main exceptionnelle.
Je connais un peu sa vie, il avait eu un frère qu'il adorait dont je vous parlerais
un peu plus loin, une ligne ne suffirait pas. Ils avaient avec leur père, construit leur
maison à Fontenay les Roses. Maison qu'il a gardé toute sa vie où
était son atelier. Je m'en souviens comme d'une grande pièce peut-être
cent mètres carrés entièrement vitrée sur un coté et dans
laquelle il a travaillé pendant des années sur un paravent persan, devenu une
vraie pièce de Musée. Jean après le cataclysme financier de "couché
dans le foin" que cette saloppe de Mireille a empêché de sortir, avait
arrêté le dessin animé. Il réalisait ce paravent pour un de ses amis
nommé Martin manager du cirque d'Hiver ou Bouglione à Paris. Ce Martin avait eu la
bonne ou mauvaise idée, de lui commander un paravent à la manière persane.
Jean avait decouvert l'art Persan avec enthousiasme ce ce type de représentation,
les symboles qui accompagnent les personnages, la position des végétaux par
rapports aux sujets, tout l'enchantait, il était devenu un véritable
spécialiste en la matière. J'ai vu ce paravent 12 feuilles le long du mur,
fond d'oré et sujets traités comme en dessin anime (celluloïd
rapporté) le montage lui posait encore des soucis, mais c'était éblouissant,
quelque chose comme un chef d’œuvre du compagnonnage. C'était un
travail tout à fait remarquable et les quelques privilégiés qui ont eu la
chance de le voir l'ont largement commenté.
Ce qu’il est devenu mystère ?
Après sa mort j'ai rencontré les jeunes qui squattaient sa maison, ou nous n'en avons
pas parlé ou j'en ai pas le souvenir.
Ils m'ont mis un mail, le paravent existe toujours entre leurs mains.
Avait il disparu avant leur arrivée,
Jean l'avait-il livré dans
l'état à son destinataire.
Il faut dire que Jean a également été
victime d'une hémiplégie un peu après
Georges et s'il était plus mobile que ce dernier, il n'était
guere plus en mesure d'achever son travail.
Mon père je vous en reparlerais plus avant et vous trouverez
plusieurs choses de lui sur ce site.
Lucien Brochon charmant vieux Monsieur lorsque je l'ai
rencontré, a tenté de dresser le catalogue de
l’œuvre de Georges Bouisset. Dans ce
mémorandum il cite 235 pièces. J'ai
l'étude de la Croule presentee ici, assez
différente des deux précédentes et
plusieurs choses qu'il m'a laissé, vous allez donc avoir un
aperçu de son travail, sachant que c'est principalement le
travail de sa jeunesse que je possède. Donc moins aboutit
que ce que qui est au musée de Copenhague.
Si "la Croule" est importante pour moi, les commentaires qu'a
suscité le tableau m'ont appris l'amitié, la
vraie, l'infaillible. Je lui dois donc beaucoup puisque grâce
à cet apprentissage j'ai quelques rares amis de longue date
qui me sont chers.
Mes autres sites:
osez2005
Blog osez2005
Origine Villepreux
Invitacion al viaje
Blog Humeurs
Vite-1-Site